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Le Venezuela tout proche d'une faillite (video medias fr)

Publié le par 2012

La baisse des cours du pétrole a durement frappé l'économie du pays, déjà minée par une inflation galopante. Les analystes estiment qu'un défaut du pays est fortement envisageable.

Le Venezuela ne pourra-t-il bientôt plus rembourser sa dette? La question semble de plus en plus sérieuse à mesure que le pays s'enfonce dans la crise. L'agence de notation américaine Moody's a ainsi dégradé, le 13 janvier, la note du Venezuela au rang Caa3, ce qui signifie que le pays est désormais considéré comme un emprunteur à «très haut risque» et qu'ainsi un défaut de paiement de sa dette du pays est hautement probable. Il s'agit de l'une des pires notation au monde, au même rang que l'Ukraine ou la Jamaïque, qui a déjà fait défaut deux fois sur sa dette depuis 2010. Cette dégradation fait suite à la décision de Fitch qui, le 18 décembre dernier, avait également abaissé la note du pays.

Le pétrole représente 95% des exportations du venezuela

L'inquiétude autour de la santé de l'économie du pays d'Amérique latine provient aujourd'hui principalement de la chute vertigineuse des prix du pétrole ces derniers mois. Alors que le baril de pétrole se vendait à environ 104 dollars en juin 2014, son prix se situe à mi-janvier 2015 aux environs de 47 dollars. Or la variation des cours du pétrole est cruciale pour l'économie du Venezuela, l'or noir représentant 95% des exportations du pays. Ce manque de diversité de son économie explique pourquoi le budget vénézuélien est très dépendant du prix du pétrole. Or le président Nicolas Maduro lui-même a reconnu que le pays ne pouvait pas atteindre l'équilibre économique si le baril n'atteignait pas 100 dollars le baril, soit un prix deux fois supérieur.

Le Venezuela souffre également de l'un des plus forts taux d'inflation au monde, au-delà de 60% sur l'année 2014! Il importe la plupart des produits de première nécessité, qui viennent à manquer. Des pénuries qui engendrent des immenses files d'attente devant les supermarchés, et qui ont amené le gouvernement de Maduro à limiter le nombre de séjours au supermarché par semaine. Il est ainsi apparu un nouveau type d'emploi, consistant à faire la queue pour ses pairs, généralement des personnes plus riches, en échange d'une rétribution.

Pour pouvoir faire face à ses échéances, le Venezuela projetait de plaider sa cause auprès des principaux créanciers du pays. Le président Maduro s'est ainsi déplacé en Chine début janvier mais il semble que le voyage n'ait pas été aussi fructueux que prévu. Si le président vénézuélien a annoncé que la Chine allait investir environ 20 milliards de dollars dans le pays, son silence quant à un quelconque prêt de la part des Chinois laisse augurer que celui-ci leur a été refusé. A la différence de l'Equateur, qui a lui annoncé avoir obtenu un prêt de l'ordre de 7,5 milliards de dollars de la part de l'empire du Milieu.

De fait, les réserves de la Banque centrale du Venezuela, qui ne détient plus que 21 milliards de dollars, sont en train de fondre. Une conjonction de facteurs qui fait craindre à de nombreux analystes un défaut imminent. Jaime Reusche, analyste en chef chez Moody's interrogé par Bloomberg, affirme ainsi qu'«avec le déclin des prix du pétrole, le risque de défaut a considérablement augmenté. Il paraît très probable qu'un événement de crédit- soit l'équivent d'un défaut - ait lieu d'ici un ou deux ans». A moins que le pétrole ne se redresse subitement d'ici là - ce qui ne semble pas envisageable à court terme.

VIDÉO - Reportage: les Vénézuéliens face à la pénurie alimentaire.


Au Venezuela, la débrouille face à la pénurie par afp

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/01/16/20002-20150116ARTFIG00334-le-venezuela-tout-proche-d-une-nouvelle-faillite.php