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Les Eagles of Death Metal veulent être "les premiers à se produire au Bataclan quand il rouvrira"

Publié le par 2012

Vice a publié mercredi l'intégralité de l'interview des membres du groupe de rock californien qui se produisaient sur la scène du Bataclan lors de l'attaque terroriste du 13 novembre. Ils reviennent sur ces moments de peur et de confusion, et saluent "l'héroïsme commun" des fans et des riverains le soir du drame.

 

Comme eux, le public dansait, chantait, s'amusait. Profitait en somme de ce moment de communion autour d'un bon son rock. Mais après une heure de concert, de lourds bruits se sont fait entendre dans la salle de concert parisienne du Bataclan, où 89 personnes ont trouvé la mort le 13 novembre. "Au début, j'ai cru que c'étaient les haut-parleurs qui crépitaient. Et je me suis vite rendu compte que ce n'était pas ça", raconte Eden Galindo, le guitariste des Eagles of Death Metal dans une interview que le groupe a accordé à Vice, publiée en intégralité mercredi. "On fait du rock. C'est difficile de couvrir le bruit des haut-parleurs. Mais les premiers coups étaient tellement puissants que j'ai tout de suite compris que quelque chose n'allait pas", renchérit le batteur Julian Dorio, qui en est "presque tombé de son tabouret immédiatement" avant de "sentir l'odeur de la poudre à canon".


La confusion est totale dans la salle alors que les terroristes "tirent sans relâche sur les spectateurs". "Les gens ne savaient pas quoi faire", témoigne Jesse Hughes, co-fondateur et chanteur du groupe qui explique que "les couloirs du Bataclan se sont transformés en labyrinthe". Où aller ? Comment sortir ? Sur scène, le groupe emprunte différentes issues. Jesse part à la recherche de sa petite amie Tuesday et file vers les loges, à l'étage. "J'ai ouvert la porte et c'est là que j'ai vu le tireur. Il a brandi son fusil sur moi et le canon a frappé l'encadrement de la porte", poursuit-il. Après avoir trouvé une sortie de secours donnant sur une ruelle, il retrouvera sa compagne à l'extérieur de la salle. Et préviendra immédiatement l'autre co-fondateur d'EODM, Joshua Homme, qui n'avait pas fait le déplacement à Paris.

 


"Tout le monde s'est fait tirer dessus. Ils ont pris des otages. J'ai du sang partout sur moi", écrit-il dans un SMS. "Je me suis senti coupable parce que j'avais laissé Matt, et peut-être Debbie aussi. J'avais besoin de savoir qu'ils étaient descendus de la scène", explique-t-il, la gorge nouée. Matt McJunkins, le bassiste, se trouve à ce moment-là dans une salle du Bataclan avec des fans. "Plusieurs personnes saignaient. On a barricadé la porte avec des chaises. Il y avait un mini-frigo et une bouteille de champagne, prévue pour l'after party. On l'a saisie, au cas où. C'était la seule arme qu'on avait pour se défendre", se souvient-il.

 

"Nick n'a jamais appelé à l'aide parce qu'il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit touché"


Shawn London, ingénieur du son, est lui derrière sa console au fond de la salle quand les tirs débutent. "Tout de suite, les gens ont commencé à tomber au sol : des blessés, des morts", relate-t-il. Il profite d'un moment d'inattention d'un des tireurs, occupé à recharger son arme, pour prendre la fuite. "Il a essayé de me tirer dessus mais m'a manqué", dit-il. Nick Alexander, responsable du marchandising, n'a pas eu cette chance. Touché par balle, le jeune Britannique "n'a jamais appelé à l'aide et a saigné à mort parce qu'il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit touché", assure, en larmes, Jesse Hughes. Un "héroïsme commun" que salue Joshua Homme également chez les riverains qui ont ouvert leurs portes et les fans qui, même blessés, ont apporté leur aide aux autres.

 

"Nous représentons les fans qui ne s'en sont pas sortis et dont leurs histoires ne seront peut-être jamais racontées", insiste le musicien. Les Eagles of Death Metal aideront les victimes à leur manière, en leur reversant l'intégralité des royalties de la reprise de Duran Duran, "Save a prayer". Ils invitent les artistes de tous genres musicaux à reprendre leur titre "I love you all" afin de, là encore, reverser tous les droits aux victimes. Et convient les plateformes de streaming à faire de même. La suite ? Continuer à jouer. "J'ai hâte de revenir à Paris", affirme Jesse Hughes qui veut que son groupe soit "le premier à se produire au Bataclan quand il rouvrira. Parce que j'étais là quand tout est devenu silencieux". Le rendez-vous est pris.

 

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http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/les-eagles-of-death-metal-veulent-etre-les-premiers-a-se-produire-8688418.html