Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

France info, Le Monde, La Croix et BFM ne publieront plus de photos d'auteurs d'actes terroristes

Publié le par 2012

France info ne publiera plus de photos d'auteurs d'actes terroristes, à l'instar du journal Le Monde, dont le directeur, Jérome Fenoglio, était l'invité ce mercredi soir.

Le journal Le Monde ne publiera plus de photos d'auteurs d'actes terroristes car, "elles apportent assez faiblement des informations et nous avions de plus en plus de lecteurs qui nous disaient être choqués", a expliqué, ce mercredi sur France Info, le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio quelques heures après avoir fait cette annonce dans l'éditorial du quotidien du soir.

Les photos censurées sont celles "extraites du passé des terroristes ou encore celles qui peuvent être issues d'images prises par eux-mêmes juste avant leur passage à l'acte (...) qui pouvaient apparaître comme une entreprise de glorification posthume par ces terroristes ou par le groupe Etat islamique", explique-t-il.

Selon le directeur du Monde, même avant l'attentat de Nice, la rédaction avait déjà "tendance" à ne plus les publier, "tout simplement parce que nous les trouvions sans doute gênantes par rapport à la manière dont elles pouvaient résonner avec un certain type d'événements absolument atroces". Par exemple, après l'attentat de Nice, "nous avons choisi de ne pas publier la photo du terroriste posant de façon assez avantageuses en marcel et montrant ses muscles. On a trouvé que c'était inutilement choquant, indécent et pas très informatif", explique le journaliste.

En revanche, le journal continuera à publier des informations sur les terroristes comme leurs noms, parcours, profiles, psychologies ou encore "des photos de capture d'écran comme preuves indubitables de leur présence à un endroit avant un attentat, des photos qui sont des documents d'enquête", a précisé Jérôme Fenoglio sur France Info. "Il n'est pas question de reculer là-dessus, c'est un élément d'information important car pour pouvoir lutter contre le mal, il faut pouvoir continuer à l'expliquer, à enquêter, à comparer, à faire notre travail de journaliste", insiste-t-il.

"Il ne faut pas se leurrer, ces photos resteront publiques", poursuit-t-il, "c'est vrai que malheureusement souvent sur les réseaux sociaux, par le jeu des algorithmes, ces documents sont traités à égalité avec nos informations et ça je le déplore". Après l'annonce du journal Le Monde, ce mercredi, la chaîne de télévision BFM TV, le quotidien La Croix et France Info ont également décidé de ne plus publier de photos d'auteurs d'attentats terroristes.

http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/les-photos-de-terroristes-sont-genantes-et-apportent-assez-faiblement-des-informations-j-fenoglio-808555

Alors que les attentats se multiplient en France, le débat sur une éventuelle "glorification" des terroristes est relancé dans les médias français. BFMTV et Le Monde ont décidé de ne plus diffuser les photos d'auteurs d'attentat. Elements de réflexion.

La médiatisation de l'image d'auteurs d'attentats peut-elle influencer les candidats au jihad, et les pousser à passer à l'acte? Après les attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, le débat est relancé dans les médias français, et notamment par Jérôme Fenoglio, directeur de la rédaction du Monde, qui publie ce matin un édito en ce sens.

"A la suite de l’attentat de Nice, nous ne publierons plus de photographies des auteurs de tueries, pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume" explique le journaliste qui en appelle à un "certain nombre d’introspections" dans les médias français.

Une position partagée et adoptée par BFMTV sur tous ses supports. Suite à l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, la chaîne a décidé de ne pas publier la photographie d'Adel Kermiche, auteur présumé du meurtre du père Hamel.

"Face à l'accumulation des attentats en France, nous ne voulons pas créer un trombinoscope des terroristes. Nous arrêtons donc de publier leur photo, ce qui n'empêche pas un travail d'enquête et de fond sur leur profil et leur parcours. La seule exception à ce principe, ce sont les avis de recherche diffusés par les forces de l'ordre et qui peuvent aider les enquêteurs" précise Alexis Delahousse, directeur adjoint de la rédaction de BFMTV.

Rapidement après l'attentat du 14-Juillet à Nice, une pétition a même été lancée pour demander officiellement au CSA de contrôler la diffusion de telles images. Si cette pétition a déjà 70.000 signataires, le débat n'est pourtant pas nouveau.

Des photos qui font scandale

En 2012 déjà, nombre de lecteurs et de téléspectateurs s'étaient émus de la diffusion de photographies de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban, où l'on voyait le terroriste rire aux éclats au volant de sa voiture.

Des réactions similaires avaient été observées au lendemain de l'attentat du 14-Juillet à Nice, au cours du quel 84 personnes sont tuées par un camion lancé à pleine vitesse sur la promenades des Anglais. La presse diffuse alors plusieurs photos "avantageuses" de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, auteur de la tuerie. On y voit l'homme poser sur la plage et exhiber ses muscles, dans une pose conquérante.

Une vision d'autant plus choquante que dans le même temps, plusieurs vidéos montrant les victimes de la tuerie blessées ou mortes circulaient sur les réseaux sociaux. Pour autant, la décision de ne plus diffuser les photographies d'auteurs d'attentat pose plusieurs questions de fonds. Plusieurs spécialistes de la question jihadiste doutent ainsi de l'efficacité d'une telle mesure dans la lutte contre la radicalisation. Ainsi David Thomson, journaliste pour RFI et auteur d'un livre sur le parcours de plusieurs jihadistes français (Les Français jihadistes, ed. Les Arènes), ne croit pas à une diminution du fait terroriste.

Une opinion renforcée par le fait que depuis plusieurs années, Daesh opère sa propagande avec ses propres canaux médiatiques. Sur les réseaux sociaux ou via son agence Amaq, l'organisation terroriste diffuse elle-même, à chaque attentat ou presque, les photo des auteurs, rendant caduque toute tentative pour les médias traditionnels de les "occulter".

Outre le problème que pose une éventuelle "glorification" des terroristes se pose celui de la théorie du complot. A chaque attentat, chaque événement majeur, les complotistes de tous bords s'en prennent à la version officielle et tentent, le plus souvent en interprétant de façon erronée des images, de discréditer les faits. Comment, en jetant un voile pudique sur les photos des terroristes, lutter contre ces théories et leurs auteurs?

Faut-il faire disparaître leurs noms?

Le 27 juillet, suite aux déclarations du Monde et de BFMTV, Europe 1 décide à son tour de ne plus diffuser les photos des terroristes, en ajoutant au bannissement leur nom, une position à ce jour inédite.

Problème: le médiatique et le judiciaire ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Alors que dans la journée de mardi les médias ne diffusaient que les initiales de l'un des auteurs présumés de l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray, le procureur François Molins nommait entièrement l'homme tué sur le parvis de l'église.

Une fois l'enquête officiellement lancée, et ces éléments publiés par la justice, quel impact la non-diffusion par les médias de ces éléments peut avoir sur le public, à l'heure où les réseaux sociaux transmettent l'information souvent plus rapidement que les canaux traditionnels? C'est la position adoptée par BFMTV et son rédacteur en chef adjoint Alexis Delahousse qui explique que "si François Molins donne le nom, alors nous aussi".

Encore une fois, la théorie du complot n'est pas loin. Régulièrement, l'extrême-droite interpelle sur Twitter les auteurs d'articles concernant des faits divers ou des faits de terrorisme, et dans lesquels les noms complets ne sont pas donnés. A chaque fois, le soupçon pèse sur la presse, accusée de cacher volontairement ces noms pour occulter une dimension de l'affaire traitée.

http://www.bfmtv.com/societe/terrorisme-bfmtv-et-le-monde-ne-diffuseront-plus-de-photos-d-auteurs-d-attentat-1020072.html

 

 

Commenter cet article