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Rapport "State of the Climate" de la NOAA : l'année climatique 2015 est la pire de l'histoire moderne (video media fr)

Publié le par 2012

Le 21 juillet, il a fait 54 degrés à Mitribah, au Koweït. Une température si irréelle qu'on se sent obligé de préciser "Celsius"... Probablement un plus haut absolu, selon l'Organisation météorologique mondiale. En tout, ce sont près de 25 pays, dont l'Inde, la Chine, le Ghana, la Colombie ou l'Allemagne, qui ont battu leur record absolu de chaleur au cours des 18 derniers mois.

Et 8 mois après la clôture de la COP21 à Paris, le rapport annuel de la NOAA dépeint de nouveau un portrait bien sombre de la situation climatique sur Terre. Les températures, la montée des eaux et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records l'an dernier, faisant de 2015 la pire année de l'histoire moderne.

Le phénomène météorologique El Niño, particulièrement vigoureux en 2015, a "exacerbé" la tendance au réchauffement l'an dernier, ajoutent les experts. Une évolution qui devrait se confirmer cette année, puisque les six premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds jamais recensés sur le globe. Juin 2016 a été le 14e mois consécutif lors duquel le record mensuel a été battu sur la planète, et le 40e mois consécutif avec des températures au-dessus de la moyenne du XXe siècle.

Voici les principales conclusions du rapport "State of the Climate" 2015 (voir en bas d'article), document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.

Les concentrations de trois des principaux gaz à effet de serre - dioxyde de carbone (CO2), méthane et protoxyde d'azote - ont "atteint de nouveaux sommets en 2015", indique le rapport, qui s'appuie sur des dizaines de milliers de relevés tirés de nombreuses bases de données indépendantes.

A Hawaï, sur le volcan de Mauna Loa, la concentration de dioxyde de carbone a enregistré en moyenne annuelle "la plus forte augmentation depuis le début des relevés il y a 58 ans".

Sur l'ensemble de la planète, le CO2 a frôlé la limite symbolique de 400 parties par million (ppm) en 2015, atteignant 399,4 parties par million (ppm), soit une hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014. Et "2016 va facilement surpasser cette marque", anticipe Jessica Blunden, de la NOAA.

La température mondiale en 2015 était supérieure d'environ 0,45°C à la moyenne enregistrée entre 1980 et 2010, battant de 0,15°C le record de l'année précédente. Jamais un tel "saut" n'avait été observé entre deux années records.

14 des 15 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu depuis... l'an 2000, rappelle la NOAA.

La carte ci-dessus montre la température moyenne en 2015, comparée à la moyenne des 3 dernières décennies. La Russie et le Pacifique nord ont connu une année exceptionnelle. Seules certaines zones, dont l'Atlantique Nord, ont connu des températures plus froides que la moyenne.

Le niveau des eaux a atteint son plus haut point, avec quelque 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993, au début des mesures par satellite.

Ce niveau monte graduellement autour de la Terre, avec une poussée d'environ 3,3 millimètres par an, selon le rapport, mais la hausse est plus rapide en certains points du Pacifique et de l'océan Indien.

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l'Arctique a continué de se réchauffer. "La température à la surface des terres de l'Arctique a retrouvé les niveaux enregistrés en 2007 et 2011, soit des records depuis le début des relevés au début du XXe siècle, avec une augmentation de 2,8°C depuis cette époque", selon les scientifiques.

Depuis le début de l'année, selon les climatologues de la Nasa, le phénomène El Niño ne contribue plus qu'à environ 40% de la hausse des températures" : les 60% restant sont essentiellement "dus au très fort réchauffement de l'Arctique", expliquait le Centre Goddard le mois dernier. En septembre 2015, l'étendue minimale de la banquise était 29% inférieure à la moyenne des 3 dernières décennies, écrit la NOAA, forçant notamment les populations de morses à migrer vers la terre ferme.

A l'inverse, les températures ont été plus froides dans l'Antarctique, seule exception. Mais partout dans le monde, le recul des glaciers dans les massifs de type alpin s'est poursuivi pour la 36e année de suite - et semble s'accélérer depuis 2000.

Sur ce graphique, la ligne rouge représente la déperdition de neige cumulée depuis 1980 pour 41 glaciers de référence : près de 20 mètres, à la fin 2015. A travers le monde, des millions de personnes comptent sur l'eau douce des glaciers pour leur consommation personnelle, l'irrigation des cultures et le fonctionnement des barrages hydroélectriques.

La saison des ouragans dans l'Atlantique Nord a été particulièrement modérée pour la deuxième année de suite, là encore en grande partie affectée par El Niño. En revanche, le nombre global de cyclones tropicaux "a été bien au-dessus de la moyenne" : 101 au cours de l'année, contre une moyenne de 82 par an au cours des 3 dernières décennies (1981-2010).

Le 5 mars 2015, il est tombé 2,56 mètres de neige à Capracotta, au centre de l'Italie : un probable record mondial. L'année a aussi été marquée par une saison des pluies plus abondante que la moyenne, qui a provoqué de graves inondations comme au Mexique en mars.

San Diego, Californie, 8 avril 2015. (Sandy Huffaker/Getty Images/AFP)

Des sécheresses sévères ont également frappé, notamment en Californie, dans l'ouest du Canada et en Chine, affectant des superficies presque deux fois plus importantes en 2015 que l'année précédente (14%, contre 8% en 2014). L'Europe et l'Inde ont également connu des canicules, mortelles à grande échelle.

VOIR PHOTOS INDE:LA VAGUE DE CHALEUR FAIT 1800 MORTS http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20150529.OBS9795/photos-inde-la-vague-de-chaleur-fait-1-800-morts.html

Les océans absorbent environ 90% du surplus de chaleur engendré par le réchauffement climatique, rappelle le rapport. Et la température moyenne à la surface des mers au niveau mondial a encore augmenté en 2015, battant le record de 2014, ce qui a contribué à perturber gravement la faune et la flore marine.

Les eaux plus chaudes ont ainsi aggravé la propagation d'algues, qui a affecté l'été dernier une importante zone du Pacifique nord, allant de la Californie jusqu'en Colombie-Britannique (Canada), avec des "effets significatifs sur la vie marine, les ressources côtières et les habitants qui dépendent de ces ressources".

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