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Chevaux martyrisés dans le Gard : les manadiers à la barre,à Lézan dans le Gard, une cinquantaine de chevaux, destinés aux promenades, vivaient dans des conditions précaires

Publié le par 2012

La pouliche s’est effondrée au pied du poulain. Malgré les soins, elle sera euthanasiée.

 

A Lézan dans le Gard, une cinquantaine de chevaux, destinés aux promenades, vivaient dans des conditions précaires. Les propriétaires devaient s'expliquer sur cette maltraitance animale ce vendredi 9 septembre.

Père et fils sont à la barre, ce vendredi. Mi-camarguais, mi-cévenols, les deux hommes au caractère bien trempé n'ont pas l'habitude de rendre des comptes. Pourtant, le tribunal correctionnel d'Alès attend des explications sur ces faits de maltraitance animale. L'affaire débute en mai 2014, lorsque les agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP, ex-services vétérinaires), contrôlent la manade.

 

Ce qu'ils découvrent les glace d'effroi : eau croupie dans les abreuvoirs, boxes crasseux, pas de fourrage stocké dans les bâtiments, pas de compléments alimentaires. Sur les chevaux, il manque également les puces contenant les informations stockées dans le système d'information relatif aux équidés (Sire). Les papiers ne sont pas à jour… Pire, les fonctionnaires découvrent trois cadavres de chevaux en contrebas de la propriété. L'état de maigreur des animaux présents à la manade les incite à rédiger un premier rapport.

Les animaux sont recueillis par une association

C'est donc sur décision du préfet du Gard et sur réquisition du procureur de la République qu'en juillet 2014, plusieurs chevaux sont enlevés à la manade, considérée comme défaillante. Lors de l'opération, les agents de la DDPP sont insultés, mais les chevaux sont finalement embarqués et transférés à Salindres, au refuge de l'association Cheval, de Paula Lois.

En août 2014, l'administration procède à un second contrôle. Là encore, 19 chevaux et un poney sont découverts, dans un triste état. Cinq chevaux et un poulain sont à nouveau récupérés. Pour la mère de ce dernier, c'est trop tard. Épuisé par le manque d'eau et de nourriture, l'animal ne parvient pas à monter dans le van. Le vétérinaire présent n'a d'autre choix que d'euthanasier l'animal. Deux autres chevaux morts ont rejoint les autres sous un tas de palettes.

"Je fais avec mes moyens"

Les deux prévenus gardent la tête baissée. Ils reconnaissent les outrages. Le fils se défend : "Je me défonce pour maintenir la manade. Je refais les clôtures. Je fais avec mes moyens. Je n'ai pas 380 € à donner à l'équarrisseur. J'aime les chevaux aussi."Une assertion qui fait bondir Me Olivier Massal : "C'est effroyable, on vient contrôler une fois, deux fois. À chaque visite, la situation empire."

Le conseil réclame une requalification des faits en actes de cruauté, au lieu de mauvais traitements. Le ministère public, en charge des poursuites, ne partage pas cette position. Au passage, le fait de louer à la promenade des chevaux parfois blessés, sans structure adaptée, n'est pas poursuivi non plus. Un mois de prison avec sursis est requis contre le père, cinq contre le fils. Au titre des amendes, un peu moins de 4 000 € sont réclamés aux prévenus. La décision sera rendue courant novembre.

http://www.midilibre.fr/2016/09/11/chevaux-martyrises-les-manadiers-a-la-barre,1391663.php#xtor=RSS-5

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