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[NOUVEL ORDRE MONDIAL]le président de la Commission européenne exhorte Macron à réduire la dépense publique

Publié le par 2012nouvelmorguemondial

Les Français dépensent trop ! C’est ce qu’a affirmé lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit », a détaillé le président de la Commission européenne à la presse. Bien évidemment, il ne s’agit pas dans ses propos de pointer les doigts les concitoyens français mais les responsables institutionnels. Et encore moins de juger leur mode d’alimentation. Quant à dire si la France est foutue …. parce qu’elle dépense trop …. espérons que Macron sera notre Emmanuel …

C’est d’un ton très ferme, que Jean-Claude Juncker a exhorté le nouveau président élu, Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France, estimant que son niveau actuel n’était pas tenable à terme. Décidément beaucoup de politiques et d’institutions attendent l’ancien ministre de l’Economie au tournant, mais celui-ci en était conscient dès le début de son « aventure politique ».

Observant que « les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics », Jean-Claude Juncker considère que cette situation « ne peut pas fonctionner dans la durée », compte tenu du niveau relativement élevé de la dette.

Il a estimé que le futur chef de l’Etat français ne pourrait pas compter sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions sans offrir de contrepartie. Plus direct encore, il a ajouté qu’il appartient « aux Français de faire un geste en direction des autres » en faisant les réformes nécessaires. Une manière aussi d’indiquer en reprenant une nouvelle fois le terme global de « Français » que l’heure n’est pas aux guerres de clans – telle que celle promue avec véhémence par François Baroin dimanche soir – pour freiner l’action gouvernementale d’ Emmanuel Macron et du parti En Marche ! mais bien à un travail entre commun entre politiques, élus et candidats en vue de redresser la situation économique de la France, bien peu reluisante.

Jean-Claude Juncker a par ailleurs montré une certaine réserve sur le projet d’Emmanuel Macron d’instituer un ministre des Finances de la zone euro.  »Cela annonce une gestation très difficile car tous les Etats de la zone euro ne sont pas d’accord que quelqu’un soit assis à Bruxelles ou ailleurs et décide, au-dessus des Parlements nationaux, de la manière dont les budgets doivent être faits », a-t-il prévenu.

- La France, mauvais élève au sein de l’UE  - 

A noter que ces propos interviennent alors que la Commission doit publier jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays membres de l’UE, lesquelles seront suivies de recommandations le 17 mai prochain. La France fait figure de mauvais élève alors qu’elle est soumise à une pression de plus en plus forte pour qu’elle respecte les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en dessous des 3% du PIB.

Précisons que le résultat du déficit public de 2016, publié le 24 mars dernier par l’Insee s’établit à -75,9 milliards d’euros, soit -3,4% du produit intérieur brut (PIB), après -3,6% en 2015. La loi de finances pour 2016 ainsi que la loi de programmation des finances publiques prévoyaient un résultat légèrement inférieur, à 3,3% du PIB. L’objectif n’est donc pas totalement tenu, en raison, notamment, de recettes inférieures aux prévisions, mais il est néanmoins conforme aux recommandations de la Commission européenne. Situation dont s’était alors félicité le ministre de l’économie et des finances, Michel Sapin. « Pour la troisième année consécutive, la France a scrupuleusement tenu ses engagements européens, avait-il fait-il observer.  Ajoutant que « toutes les conditions sont réunies pour que, en 2017, le déficit public revienne sous les 3 %. »

Fin 2016, la dette publique s’est quant à elle quasiment stabilisée, s’élevant à 2 147 milliards d’euros, en hausse de 49 milliards d’euros après 60 milliards en 2015. Elle représente désormais 96 % du PIB, contre 95,6 % fin 2015, soit un accroissement de 0,4 point. Sur la durée du quinquennat de François Hollande, la dette publique aura connu une progression de 6,5 points, contre 25 points durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Rappelons que le candidat Emmanuel Macron a intégré dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, via notamment la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Tout en appelant parallèlement l’Europe à se réformer et souhaitant promouvoir les investissements au sein de l’UE.

- L’Allemagne en ordre dispersé  - 

Le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate Sigmar Gabriel, milite quant à lui pour qu’Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble offrent une marge de manoeuvre à Emmanuel Macron en se montrant plus souple sur les questions budgétaires. Il a ainsi plaidé pour la création d’un Fonds d’investissement franco-allemand en faveur de la croissance, dont il détaillera les contours dans les prochains jours. Ses arguments : Marine Le Pen est assez jeune pour se représenter dans cinq ans … et pourrait alors obtenir la victoire si l’UE ne tend pas la main à Emmanuel Macron en acceptant un déficit plus élevé que prévu.

Reste tout de même à  Sigmar Gabriel à obtenir gain de cause auprès de la chancelière allemande elle-même et de ses ministres conservateurs. « La politique européenne de l’Allemagne est définie par l’ensemble du gouvernement », a d’ores et déjà averti lundi le porte-parole de Angela Merkel, Steffen Seibert.

- Juncker pour une réforme du droit du travail en France dès 2015 - 

Interrogé sur la France en janvier 2015, et notamment sur la question de savoir si la Commission allait accepter d’accorder au pays un délai supplémentaire pour réduire le déficit à 3 % du PIB, Jean-Claude Juncker s’était montré ferme voire menaçant. « Nous voudrions voir la France renforcer ses réformes, en nombre comme en intensité » avait-il alors déclaré. Ajoutant que selon lui,   »la France soufre d’un manque de réformes dites structurelles, de réformes qui portent sur l’essentiel ». Il estimait alors en tout premier lieu qu’elle devait «  soigneusement examiner les faiblesses de son droit du travail ». D’où le discours de Emmanuel Macron à ce sujet   et qui fait frémir les électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?

Réaffirmant alors qu’ »il n’y a pas d’autre remèdes que de la consolidation budgétaire », Jean-Claude Juncker n’avait pas exclu de sanctionner la France si son déficit n’était pas réduit. « Un pays ne peut pas échapper aux sanctions s’il ne respecte pas les règles » avait-il averti.

Sources : AFP, Le Monde, Insee

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