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TRADITION A LA CON: La polémique enfle en Amérique du Sud après la mort de deux chevaux dans des rodéos (video media fr)

Publié le par 2012nouvelmorguemondial

Des barbecues partout, des stands qui débordent d’artisanat et des dizaines de cavaliers venus d’Uruguay, d’Argentine et du Brésil rivalisant d’adresse pour dompter des chevaux sauvages : tous les ans, durant une semaine en avril, la campagne expose fièrement sa culture et son art de vivre à Montevideo, capitale de l’Uruguay.

Le rodéo des gauchos en habit traditionnel est le clou de cet évènement folklorique qui existe depuis 1925. Il attire des dizaines de milliers de personnes dans un parc d’exposition de la capitale.

Mais la mort de deux chevaux, la semaine dernière, a provoqué de vives protestations des défenseurs des animaux et une levée de boucliers des tenants de la tradition.

Les causes n’ont pas été communiquées officiellement, mais l’une des montures s’est subitement effondrée en plein effort, et l’autre, victime d’une fracture, a dû être sacrifiée, selon des associations de défense des animaux. Elles ont demandé l’annulation de la dernière journée de rodéo dimanche.

Si ce n’est pas la première fois qu’un cheval meurt au cours de cet événement, c’est la première fois que la polémique prend autant d’ampleur. Depuis ces accidents, le message «Culture ou torture?», accompagné d’un gaucho sur un cheval cabré barré de rouge, a fleuri sur des murs de la capitale.

«Un art de vivre», comme la corrida ?
A l’image de celui sur
la tauromachie en France, en Espagne et dans d’autres pays d’Amérique latine, les « pro » revendiquent une tradition culturelle. « Le rodéo pour nous est une tradition très ancienne. Cela fait 94 ans » que cela existe à Montevideo, explique Dalton Delgado, un des organisateurs de l’événement. « C’est un art de vivre ».

« Tout ce qui concerne les spectacles avec des animaux dans le monde est remis en cause en tant que divertissement et nous voyons chaque année des traditions qui sont abandonnées », répond le vétérinaire Sebastian Fernandez en charge du bien-être animal au sein du parti au pouvoir. « A un moment donné, les rodéos en Uruguay vont devoir rejoindre l’Histoire et montrer que notre société a évolué», ajoute-t-il, déplorant ce type de spectacle où « l’animal est obligé de souffrir pour que quelques-uns applaudissent ».

Pour le docteur Evelyn Segredo, consultante de l’ONG World Animal Protection, « on a du mal a comprendre pourquoi l’Uruguay ne s’est pas mis à la page ». Ces morts de chevaux étaient «prévisibles et évitables», estime-t-elle.

Les cavaliers, eux, n’y voient qu’un sport. C’est « la sixième année que je viens », explique Eliazar Tejeira, originaire du nord-est de l’Uruguay et champion en 2017. «Quand vous assistez à cette fête, les chevaux sont bien portants et bien soignés», fait-il valoir. « On le fait parce qu’on est nés pour ça, ça procure beaucoup d’adrénaline, c’est beau », estime pour sa part Luis Alberto Cartagena, un autre champion.

Si l’Uruguay a interdit l’an dernier les courses de lévriers, le pays possède aussi une loi votée en 2006 qui considère les épreuves issues de la tradition gaucho comme un «sport national».