“Depuis les élections régionales de mai, le spectacle taurin est devenu une monnaie d’échange politique”, lance le quotidien conservateur ABC. D’après le journal pro-corrida, l’arrivée des partis émergents de gauche, qui prônent l’interdiction des corridas, met en danger la perpétuation de cette pratique : “Au moment de conclure des pactes pour former les nouveaux conseils municipaux, on a observé le populisme du parti Podemos qui a édicté une consigne anti-corrida extrêmement claire.”

Il s’agirait notamment de couper les subventions des écoles taurines, comme envisage de le faire la nouvelle maire de Madrid, Manuela Camena. Soutenue par Podemos, elle souhaite faire de la ville “une amie des animaux”. A Palma de Majorque, la nouvelle majorité municipale s’est déclarée ouvertement anti-taurine peu après les élections. En somme, le mot d’ordre dans les villes aujourd’hui à gauche est d’impulser la fin de la corrida.


Une idéologie imposée par ces radicaux émergents, selon ABC, aussi assumée par le parti socialiste qui, pourtant, “s’est toujours montré mou sur le terrain tauromachique”, hésitant à se prononcer. Le quotidien donne l’exemple du maire socialiste de Huesca, dans le nord du pays, qui, pour accéder à la mairie, a soutenu la disparition des corridas et s’est allié aux nouveaux partis, comme Podemos. Le journal s’insurge qu’une minorité y ait réussi à prendre des mesures radicales : “Les 5 000 votes des coalitions politiques de gauche ont suffi à interdire les spectacles taurins dans cette ville de 150 000 habitants.”

Le journal critique aussi les acteurs du milieu “qui n’ont jamais été capables de s’unir pour défendre leurs intérêts et un secteur à l’impact économique important, organisant plus de 15 000 célébrations par an.” ABC rappelle que les ferias rapportent directement et indirectement au pays 970 millions d’euros chaque année.

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